Un jeune sur cinq est au chômage
L’économie a créé 120.000 emplois l’année dernière
QUE cachent les chiffres sur le chômage pour l’année 2010? Une première lecture des statistiques du Haut commissariat au plan relève certes une stagnation comparativement à l’année dernière. Le taux de chômage au niveau national s’est maintenu à 9,1% mais des disparités importantes subsistent selon que l’on habite en ville ou dans les zones rurales. Elles sont également palpables selon le niveau d’étude ou le sexe.
Dans les villes, le taux de chômage dépasse le niveau national de 4,6 points à 13,7%. Les femmes figurent parmi la frange qui souffre le plus du phénomène: 19,8% d’entre elles sont sans emploi contre 12,1% pour les hommes. Le taux dépasse ainsi la moyenne nationale de 10,7 points. Les jeunes sont également nombreux à ne pas trouver d’emploi: 19,1% des jeunes âgés de 25 à 34 ans, soit un sur cinq est sans emploi. Idem pour les diplômes qui sont à un taux de chômage de 18,1%. C’est d’ailleurs la catégorie qui pose le plus de problèmes d’insertion dans le monde du travail. Le Premier ministre Abbas El Fassi a annoncé l’intégration de 1.880 jeunes diplômés dans la fonction publique, leur accordant ainsi une partie des postes budgétaires créés dans la loi de finances 2011. Une goutte d’eau dans l’immense « club» des chômeurs diplômés. Le problème des jeunes diplômés reste entier. Dans le secteur privé, les recrutements se heurtent souvent à l’inadéquation des profils due en partie à la formation souvent déconnectée de la réalité du marché du travail.
Dans les zones rurales, le taux de chômage demeure faible: 3,9% en 2010 contre 4% en 2009. Mais là aussi, des disparités existent. Ce sont surtout les diplômés qui souffrent du phénomène: 11,4% d’entre eux sont au chômage, un niveau dépassant ainsi la moyenne nationale de 1,3 point.
Les campagnes se caractérisent aussi par une population active sous-employée plus importante: 693.000 personnes contre 515.000 dans les villes. Au total, le niveau du sous-emploi atteint 11,6% contre 10% en 2009. Autrement dit, 1,2 million de personnes sont dans des situations inconfortables. Elles doivent composer soit avec des durées de travail insuffisantes, soit avec un emploi inadéquat avec leur formation ou encore une activité qui leur procure un revenu insuffisant.
Au total, la population active âgée de 15 ans et plus a atteint 11,442 millions de personnes, soit une hausse de 1,1% par rapport à l’année 2009. Le taux d’activité a, pour sa part, légèrement baissé passant de 49,9% en 2009 à 49,6% en 2010.
Les statistiques du HCP relèvent aussi un léger recul de l’emploi salarié: 57,7% en 2010 contre 58,2% une année auparavant. En revanche, l’auto-emploi a pris 0,5 point.
Durant l’année 2010, où le taux de croissance prévu par le HCP est de 3,3%, 131.000 postes rémunérés ont été créés (66.000 dans les villes contre 65.000 dans les campagnes). L’emploi non rémunéré étant en baisse de 11.000 postes.
Globalement, le volume de l’emploi est passé de 10,285 millions en 2009 à 10,405 millions en 2010. Et donc la création nette d’emploi s’est établie à 120.000 postes
source l’economiste
05/02/2011

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